01 mai 2019

Restaurations de l'église Sainte-Barbe au fil du temps

Église Sainte-Barbe de Lulingu

Les travaux de restauration de notre église paroissiale

Récit de l’Abbé Félix Ngongo, Curé de la Paroisse Ste Barbe de Lulingu

 Situation géographique 

LULINGU - Image satellite

La paroisse Sainte-Barbe de Lulingu située dans le diocèse de Kasongo fut créée le 6 août 1960, en la fête de la Transfiguration de Notre Seigneur. Elle se trouve à 605 km de Kasongo, siège épiscopal du diocèse, à 350 km de Bukavu, chef-lieu de la province, et à 550 km de Goma, à la frontière avec le Rwanda. 

Notre paroisse se situe dans un milieu très enclavé car les routes pour y accéder sont impraticables. Seule la voie aérienne permet une accessibilité relative (Lulingu-Bukavu). Le village souffre de l’insécurité due aux visites intempestives de diverses milices. La population vit essentiellement de l'agriculture et de l'élevage.

Origine de la fondation de la paroisse 

Les sociétés minières Cobelmin et Symétain voulaient la présence des Pères dans les camps. Ces sociétés construisirent dès lors des bâtiments et demandèrent à Mgr Cleire d’ouvrir une mission à Lulingu. Les responsables de ces sociétés pensaient que la présence des prêtres au milieu des habitants venus d’un peu partout contribuerait à calmer les esprits des travailleurs dans leurs revendications sociales et dans le désir d’accéder à l’indépendance du Congo. 

Après plusieurs hésitations et pour des raisons plus pastorales, Mgr Cleire finit par accepter de fonder la paroisse en 1960. Le père Coosman y fut nommé comme premier curé et fut rejoint par le frère Courtin.   

Les premiers travaux réalisés à l’église 

Dans ses mémoires, le père Adriaan Mertens raconte ceci à  propos des travaux réalisés dans l’église paroissiale : 

« Avec l’aide de nos paroissiens, nous avons remis à neuf l’intérieur de l’église. Tous apportèrent bénévolement de grandes pierres plates qu’ils trouvaient le plus souvent dans le lit des rivières, pour faire le pavement de l’église. COBELMIN nous prêta des maçons et nous offrit le ciment. 

Avec le bois que nous avions en réserve, nous avons fait fabriquer des bancs surbaissés. Jaime, qui était très artiste, peignit lui-même les vitraux. Du coup, notre église avait une toute autre allure : un pavement fait de pierres plates naturelles, les plus foncées sur les bas-côtés et les plus blanches au centre ainsi que dans le chœur et sur l’autel. De vrais bancs d’église où l’on pouvait s’agenouiller et s’asseoir et plus des troncs d’arbres comme avant.

Pour le tabernacle, j’avais martelé une plaque de cuivre que j’avais ornée d’une croix en bois d’ébène. Chacun tirait une légitime fierté du travail accompli, d’autant plus que tous ceux qui le pouvaient, avaient contribué à le réaliser. Par la suite, nous avons tout de même aussi dû avaler pas mal de critiques, mais cela c’est dans l’ordre des choses et cela n’a pas réussi à gâcher le plaisir que nous en avons éprouvé !

De nos jours encore, la paroisse de Lulingu peut s’enorgueillir de cette petite église, jolie et proprette. La photo ci-jointe montre le résultat obtenu grâce aux efforts conjugués de tous ceux qui y ont œuvré avec autant d’ardeur que de talent. Les gens étaient d’autant plus ravis que nous avions mis au point un système de distribution de «points» en fonction des travaux prestés par chacun d’eux. Ils pouvaient ensuite échanger ces points contre des vêtements, usagés mais en bon état, que les nombreux amis des Missions nous envoyaient de Belgique. Un jeune gars qui avait bien travaillé a pu ainsi se choisir un très beau costume. J’ai rarement vu quelqu’un montrer à quel point son choix le comblait de joie ! Et pour le reste, chacun pouvait choisir à son tour, en fonction du nombre de points qu’il ou elle avait mérités.

Avec ce système, personne ne pouvait se sentir lésé. Il n’est pas toujours facile de contenter tout le monde et si on se borne à tout distribuer sans discernement, on en arrive à se mettre des tas de gens à dos. C’est la même chose partout, en Belgique aussi ! Les gens qui en ont vraiment besoin n’osent pas le demander tandis que les profiteurs sont toujours à l’affut pour quémander et obtenir ce qui les tente. Si on ignore cela, on se laisse souvent berner. Notre principe consistait donc à ne «donner» qu’en contrepartie de services prestés ou à distribuer des parts égales à ceux dont l’état de nécessité était patent » 

Quelques photos de l’église dans les années 1960

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Première photo en couleur (sortie de messe)

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L'aménagement du choeur, avant l'aggiornamento du Concile Vatican II (avant 1964). Les vitraux ont été peints par Padri Jaki Morey. Le sol n'est pas encore pavé et on remarque les troncs d'arbres faisant office de bancs. 

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Premières transformations (1965) après le pillage total de la paroisse par la révolte muléliste de 1964.
On remarque les nouveaux bancs surbaissés et le sol pavé.

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L’église vandalisée en 2016 

En juillet 2016, l'église paroissiale a malencontreusement été vandalisée par des miliciens. Ceux-ci, s’imaginant que les anciens missionnaires pères blancs avaient enterré un trésor sous l’autel, ont saccagé les portes de l'église, le pavement du chœur, l'autel et l'ambon. Ils ont aussi gratté par-ci, par-là les murs de l'église sous prétexte de trouver des matières précieuses cachées par les Pères.

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Rénovations récentes (2018-2019)

Quelques temps après ces actes de vandalisme, nous nous sommes mis au travail pour réparer les dégâts commis et permettre ainsi de pouvoir à nouveau célébrer l’eucharistie dans notre église paroissiale.

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Nouvelle porte

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Et nouvelle sacristie

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Par après, c’est l’intérieur de l’église qui a été repeint

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Nous avons également pensé à enduire d’antirouille les tôles qui forment la toiture

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Et au moment où je vous envoie cet article nous entamons la construction de nouveaux bancs dont voici un modèle

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Pour conclure nous tenons à remercier très chaleureusement toutes celles et ceux qui par leurs dons nous aident à restaurer notre église paroissiale, ce lieu si important où chaque dimanche le Seigneur nous rassemble pour se donner à nous en nourriture dans sa Parole et son Pain de Vie ! 

                                                                                                                      Abbé Félix Ngongo


 

Posté par tamtam_1310 à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]